Les alliances interethniques ou Toukpè : Un véritable facteur de cohésion sociale



Des rois et chefs traditionnels

Les alliances interethniques ou parenté à plaisanterie (Toukpè) sont des pactes de non-agression signés entre les ancêtres de différents groupes ethniques de la Côte d’Ivoire. Cette valeur socioculturelle qui met l’accent sur la raillerie peut revêtir bien d’avantages.

La Côte d’Ivoire est une véritable mosaïque ethnique avec plus de 60 groupes caractérisés chacun par sa culture.

Cette diversité culturelle a donné naissance à un phénomène social dénommé ‘’Toukpè’’, qui constitue l’une des principales richesses du pays.

Un pacte de non agression

Dans le fonctionnement de ce pacte de non agression, chaque ethnie s’autoproclame chef et considère les autres comme esclave. Ainsi, l’esclave est tenu d’exercer une hospitalité sans faille envers son chef, de lui apporter aide, secours et assistance en cas de nécessité, d’obtempérer à ses ordres et de satisfaire tous ses besoins, aussi frivoles soient-ils (d’ou parfois les brimades!).

Cependant, une ethnie chef devient à son tour esclave d’une autre et ainsi de suite.

Les alliances interethniques donnent occasion à des plaisanteries qui ont pour seul but l’autodérision, puisque l’on doit accepter sans rancune le regard critique de ‘’l’agresseur’’ sur sa culture, ses pratiques, etc.

Ainsi, les membres des groupes ethniques alliés sont tenus de ne pas agresser ni se bagarrer entre eux. Au-delà, il est formellement défendu de verser le sang d’un allié.

Le Toupkè, un véritable vecteur de réconciliation

Si un quelconque problème arrive entre deux membres de deux ethnies alliées, il est résolu à l’amiable.

C’est donc un vecteur de réconciliation qui peut résoudre beaucoup de conflits latents. Car c’est un pacte de non-agression entre les peuples.

Son usage permet de sortir des violences de grande envergure et surtout de préconiser des règlements pacifiques à tous les différends. Le ‘’Toukpè’’ transforme de fait les malentendus en historiettes.

C’est à juste titre que certains universitaires ivoiriens comme le Pr Kouadio N’guessan Jérémie prônent le ‘’Toupkè’’ ou alliance à plaisanterie comme solution pour renforcer la cohésion sociale en Côte d’Ivoire, après la crise militaro-politique qu’a connue le pays en 2002 et qui a fragilisé le tissu social.

« C’est une chance pour nous car le toukpê, institution africaine qui permet de régler les problèmes à travers la tolérance et le dialogue existe entre de nombreux peuples de Côte d’Ivoire notamment Sénoufo et Yacouba, Sénoufo et Koulango, entre Attié et Dida ainsi qu’entre Kroumen et Bakwé, Agni et Baoulé , Gouro et Sénoufo et entre Abbey et Dida’’, a soutenu Pr Kouadio.

Mais cette valeur culturelle tend à disparaître et son effondrement pourrait expliquer, en partie, la décennie de crise qu’a traversée le pays, notamment la violence qui l’a caractérisée.

 

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